Sophie Adenot de retour après 237 jours en orbite, record européen
Amerrie le 8 octobre au large de Los Angeles, l’astronaute française entame une longue réadaptation à la gravité, à Cologne puis dans un suivi médical de plusieurs années.
Sophie Adenot a retrouvé la gravité terrestre le jeudi 8 octobre 2026. L’astronaute française de l’ESA a bouclé la mission εpsilon, sa première, avec 237 jours consécutifs en orbite, un record pour un astronaute européen. Sa capsule Crew Dragon Freedom a amerri au large de Los Angeles à 17h34, heure de Paris, après un voyage retour de 27 heures depuis la Station spatiale internationale, d’après Presse-citron.
En bref
- L’astronaute française de l’ESA a bouclé la mission εpsilon, sa première, avec 237 jours consécutifs en orbite, un record pour un astronaute européen.
- Cela n’empêche pas les effets de huit mois sans pesanteur : d’après franceinfo, les os perdent au moins 8 % de leur masse, la vision peut se dégrader et l’astronaute a sans doute pris plusieurs centimètres de taille.
- Côté français, Presse-citron indique que Thomas Pesquet et Arnaud Prost doivent rejoindre l’ISS l’an prochain lors d’une mission privée, ce qui serait une première pour la France.
Un record européen et plusieurs premières
Le précédent plus long séjour continu d’un astronaute européen, celui de l’Italien Luca Parmitano, était de 201 jours. Sophie Adenot le dépasse donc de 36 jours. Selon Numerama, elle est la deuxième Française à voyager dans l’espace, après Claudie Haigneré, et la première à avoir effectué des sorties extravéhiculaires : trois sorties, pour un total de 19h42 passées hors de la station.
Elle revient avec l’équipage de Crew-12. La commandante Jessica Meir et le pilote Jack Hathaway, tous deux de la NASA, étaient à bord de la capsule, tout comme le cosmonaute Andreï Fediaïev, de Roscosmos. Hathaway effectuait là son premier séjour spatial.
Un corps à rééduquer à la pesanteur
L’arrivée sur Terre n’a rien d’une formalité. Les astronautes décrivent à chaque retour une perte d’équilibre, des nausées et une impression d’extrême lourdeur. Interrogé par franceinfo, l’astronaute Jean-François Clervoy rappelle que conduire, faire du vélo ou de la moto est interdit après un tel vol. Il précise que, pour un vol comme celui-ci, elle sera suivie pendant au moins un mois.
Pour limiter les dégâts, l’équipage a fait 2h30 d’exercice physique chaque jour pendant la mission. Cela n’empêche pas les effets de huit mois sans pesanteur : d’après franceinfo, les os perdent au moins 8 % de leur masse, la vision peut se dégrader et l’astronaute a sans doute pris plusieurs centimètres de taille. Le même reportage souligne que tout cela est réversible.
Les chercheurs, eux, tiennent aux tout premiers jours. D’après un second article de Numerama, l’équilibre et la circulation sanguine retrouvent vite une partie de leurs repères, alors que les os mettent beaucoup plus de temps à se reconstruire. C’est pourquoi les tests commencent sans attendre. Son organisme restant plus vulnérable aux infections, elle ne voit que ses proches et un cercle très restreint de personnes.
Cologne, puis le long suivi
Après de premiers examens médicaux à la sortie de la capsule, l’astronaute doit s’arrêter brièvement au centre de la NASA à Houston avant de prendre un vol dédié vers Cologne, où l’ESA l’attendait le vendredi 9 octobre. L’agence explique qu’un retour direct à son centre européen lui permet de mieux maîtriser les conditions entourant l’astronaute pendant cette phase critique, pour protéger sa santé et préserver les investigations scientifiques menées après le vol.
La durée du séjour à Cologne n’est pas présentée de la même façon partout. Presse-citron parle de 45 jours dans un cadre de reconditionnement intense, tandis que franceinfo évoque plusieurs semaines, ce qui reste cohérent avec un suivi médical d’au moins un mois. Au programme : exercices physiques, kinésithérapie, suivi quotidien des constantes biologiques, et, détail que le reportage met en avant, des fruits et légumes frais et de vraies douches.
Audrey Berthier, du CNES, assure que la récupération est très bien accompagnée par les médecins d’astronautes. Cette phase sert aussi à la science : pendant son séjour, Sophie Adenot a notamment participé à PhysioTool, une expérience du CNES dont les capteurs ont mesuré sa tension artérielle, ses fréquences cardiaque et respiratoire et l’oxygénation de ses muscles et de son cerveau. Le Cadmos, à Toulouse, a piloté une trentaine d’expériences pendant la mission, dont sept conçues pour εpsilon.
Une carrière qui continue
Exposée aux radiations, l’astronaute sera suivie pendant de longues années, avec, selon franceinfo, peut-être une prochaine mission à la clé. Côté français, Presse-citron indique que Thomas Pesquet et Arnaud Prost doivent rejoindre l’ISS l’an prochain lors d’une mission privée, ce qui serait une première pour la France.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Keegan Barber (NASA). Licence : Public domain.