Réseaux sociaux

Le maire de Salon-de-Provence veut couper les réseaux aux mineurs en cas d’émeutes

Après l’incendie du lycée de l’Empéri, Nicolas Isnard propose un blocage temporaire des réseaux sociaux pour les mineurs, réservé aux troubles graves à l’ordre public.

Benoît Arrondeau Par Benoît Arrondeau
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Le maire de Salon-de-Provence veut couper les réseaux aux mineurs en cas d’émeutes
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Après l’incendie qui a touché le lycée de l’Empéri, à Salon-de-Provence, le maire Nicolas Isnard a avancé une idée qui relance le débat sur le rôle des plateformes dans les violences urbaines : pouvoir bloquer temporairement les réseaux sociaux aux mineurs lorsque des émeutes éclatent. Il ne réclame pas une interdiction permanente, mais un outil d’exception pour les périodes de troubles graves.

En bref

  • Les faits se sont produits le samedi 3 octobre 2026, vers 7 heures du matin.
  • Il propose donc de rendre possible un blocage temporaire de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux lorsque des émeutes ont lieu.
  • Le débat est lancé, mais le chemin législatif est encore à construire, et l’enquête sur l’incendie du lycée de l’Empéri, elle, se poursuit.

Un feu criminel dans un contexte de mobilisation lycéenne

Les faits se sont produits le samedi 3 octobre 2026, vers 7 heures du matin. Selon les sapeurs-pompiers, cités par Destimed, le feu est parti d’une poubelle avant de gagner l’intérieur de l’établissement. Maritima précise qu’il s’est propagé jusqu’à un bureau, avant d’être rapidement maîtrisé. Vingt-huit sapeurs-pompiers des Pompiers 13 ont été mobilisés.

Cinq personnes logées dans le lycée ont été évacuées et sont sorties indemnes. Des individus se seraient introduits dans le bâtiment pour y déclencher l’incendie, et la police privilégie la piste criminelle. Elle cherche aussi à déterminer s’il existe un lien avec la mobilisation lycéenne qui agite le pays depuis plusieurs jours. À ce stade, les deux sources consultées ne désignent aucun auteur.

Les mots du maire

Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, Nicolas Isnard a jugé que la limite était franchie. Selon lui, quand on pénètre dans un établissement scolaire pour y mettre le feu, « on n’est plus dans la revendication légitime » mais « dans la violence et dans l’émeute ». Il a aussi salué le travail des sapeurs-pompiers et des forces de l’ordre.

L’élu indique que la commune agit avec l’État, la Région et la Métropole pour protéger les établissements scolaires et leurs environs, et pour identifier les responsables. Il conclut son message ainsi : « À Salon-de-Provence comme partout en France, force doit rester à la loi. »

Une mesure exceptionnelle, pas une interdiction générale

Pour le maire, les plateformes numériques jouent un rôle dans « la propagation et l’organisation » des violences. C’est sa lecture de la situation, et non le résultat d’une enquête. Il propose donc de rendre possible un blocage temporaire de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux lorsque des émeutes ont lieu.

Il insiste sur le cadre : il parle d’une mesure « exceptionnelle » et « limitée dans le temps », réservée aux « troubles graves à l’ordre public ». Autrement dit, elle ne viserait pas l’usage quotidien des réseaux par les adolescents. Les deux sources ne donnent aucun détail sur la durée envisagée, sur les plateformes concernées ni sur la manière dont un tel blocage serait appliqué en pratique.

Les démarches déjà lancées

Le maire a écrit au garde des Sceaux et au ministre de l’Intérieur. Il sollicite aussi les parlementaires de la région pour qu’ils portent une initiative législative, de façon à rendre ce dispositif applicable vite. Ce n’est donc pas la commune qui peut trancher : le maire se tourne vers les élus nationaux pour que l’idée prenne la forme d’un texte.

Il lance aussi deux appels à la communauté scolaire et aux familles. Les lycéens sont invités à se désolidariser clairement des émeutiers, et les parents à veiller attentivement à la sécurité de leurs enfants. Constatant une montée des dégradations à Salon-de-Provence comme à l’échelle nationale, il réclame de l’État une réponse très ferme, dans le cadre de l’État de droit.

Une proposition sans réponse officielle à ce stade

Pour l’instant, rien ne change pour les mineurs ni pour leurs familles : il s’agit d’une proposition, formulée par un élu local, et non d’une décision du gouvernement ou du Parlement. Aucune des deux sources ne mentionne de réponse officielle à sa demande.

L’idée soulève néanmoins des questions que la proposition ne tranche pas. Quels critères permettraient de déclarer une situation d’émeute ? Qui déciderait du blocage, et pour combien de temps ? Comment le limiter aux seuls mineurs ? Ces points restent à préciser si le sujet devait être repris au niveau national. Le débat est lancé, mais le chemin législatif est encore à construire, et l’enquête sur l’incendie du lycée de l’Empéri, elle, se poursuit.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : AnoContributor. Licence : CC BY-SA 4.0.

Benoît Arrondeau

Créateurs, réseaux sociaux, webmarketing et monétisation

Benoît Arrondeau

Benoît Arrondeau a dirigé le marketing d'une PME de vente en ligne pendant une douzaine d'années, avant de devenir consultant indépendant. Il écrit sur le webmarketing et tient les chroniques d'Influenceurs.fr, souvent sur les relations entre marques et créateurs. Il préfère les campagnes mesurées aux promesses de visibilité. Il retape une maison de bourg dans la Sarthe.