Une chanson française de 2015 revient en force, sans que ses fans sachent ce qu’elle dit
Né d’une vidéo française, le mouvement à cloche-pied s’est étendu à plusieurs pays, où le titre est parfois rebaptisé et chanté sans son sens d’origine.
En bref
- La chorégraphie aurait été lancée par un créateur français de 17 ans, selon franceinfo.
- Elle a été reprise en Allemagne, aux États-Unis, en Pologne, en Italie et en Chine.
- À l’étranger, le morceau est appelé « Kicékéla », en phonétique.
- Patrick Sébastien a remercié les internautes sur ses réseaux.
Sortie en 2015, la chanson « Toc Toc » connaît une seconde vie : des internautes avancent en sautillant sur une jambe et feignent de frapper à une porte, devant leur smartphone. D’après franceinfo, ce titre de Patrick Sébastien est devenu viral en France, puis à l’international, sur TikTok. Le chanteur n’est pourtant pas forcément écouté par un jeune public.
Un adolescent, un geste simple, une gendarmerie
Le point de départ, selon franceinfo, est une chorégraphie lancée par un créateur de contenu français âgé de 17 ans. Son identité n’est pas communiquée. D’après Presse-citron, le phénomène naît lui aussi en France : une vidéo à la chorégraphie parodique l’a ensuite fait traverser les frontières.
Le mouvement tient en quelques secondes. Les participants se suivent en file, sautent à cloche-pied, font semblant de frapper à une porte, puis recommencent. Aucun talent de danseur n’est requis, souligne franceinfo. Dans l’Hexagone, la reprise est générale : la gendarmerie nationale a elle-même réalisé une vidéo sur la tendance.
Le morceau lui-même n’a rien de récent : il date de 2015, soit plus de dix ans avant cet engouement, comme le rappelle Presse-citron, qui juge ce retour inimaginable. Le site le compare au sort de « Murder on the Dancefloor », de Sophie Ellis-Bextor, remis en lumière après la sortie du film « Saltburn ».
Franceinfo mentionne aussi que le chanteur a connu son lot de polémiques, dont une enquête pour exhibition. Cela ne pèse pourtant pas sur la diffusion de la danse, qui circule indépendamment de cette réputation.
Du prêtre polonais aux groupes de K-pop
Selon franceinfo, la danse s’est rapidement exportée en Allemagne, aux États-Unis, en Pologne et jusqu’en Chine. Presse-citron situe la tendance sur TikTok et Instagram, et ajoute l’Italie à la liste. Voici les profils de reprise relevés :

| Pays ou milieu | Reprise signalée |
|---|---|
| Allemagne, États-Unis, Italie | Internautes se mettant en scène sur la musique |
| Chine | Tendance arrivée jusque-là, d’après franceinfo |
| Pologne | Un prêtre a fait le buzz avec ce morceau |
| Patinage artistique | Des patineuses se sont prêtées au jeu |
| K-pop | Le groupe TWS a publié une vidéo de ses membres |
Toujours d’après Presse-citron, ces vidéos totalisent des milliers, parfois des millions, de vues et de mentions « j’aime ». Franceinfo précise que des groupes de K-pop, au pluriel, ont repris la tendance.
Sur les plateformes, les internautes se filment un peu partout : selon Presse-citron, la danse à base de cloche-pied est devenue virale dans le monde entier. Le site range le groupe de K-pop TWS et le prêtre polonais parmi les célébrités venues grossir le mouvement, qui n’ont pas tardé à le rejoindre.
« Kicékéla », ou le succès sans les paroles
Le paradoxe tient à la langue. Selon franceinfo, la plupart des internautes étrangers ignorent qui est Patrick Sébastien et ne saisissent pas ses paroles suggestives, ce qui amuse beaucoup les Français. Tous désignent le morceau par « Kicékéla », une approximation phonétique du refrain entendu. Certains vont plus loin et traduisent les paroles pour mieux les comprendre, relève Presse-citron.
Le chanteur a réagi : d’après Presse-citron, il a remercié les internautes sur ses réseaux sociaux pour un engouement qu’il n’avait pas vu venir.
Le cas n’est pas isolé. Franceinfo rappelle que « Dernière danse » d’Indila, sortie en 2013, a elle aussi retrouvé de la popularité grâce aux réseaux sociaux, au point d’être encore utilisée dans certaines vidéos. Sur ces plateformes, souligne la radio, nul besoin de connaître le chanteur, son histoire ou la langue : il suffit de saisir le rythme et de reproduire le geste pour faire circuler la vidéo.
Le phénomène illustre une mécanique que décrit franceinfo : TikTok fait renaître de vieilles musiques. Le titre n’est donc pas le premier tube français que la plateforme fait voyager, et la radio note que « Dernière danse » reste employée dans certaines vidéos, des années après sa sortie.
Photo : Scrypted / Wikimedia Commons