Les réseaux sociaux ne remplacent pas l’expérience de la salle, mais ils participent désormais à la façon dont une partie du jeune public repère, commente et choisit les films. En 2025, 78,6 % des moins de 25 ans sont allés au moins une fois au cinéma, contre 67,1 % des 25-49 ans et 50,2 % des personnes de 50 ans ou plus. Ces données, rapportées par Le Dauphiné Libéré, placent toujours les plus jeunes en tête des tranches d’âge citées.
En bref
- En 2025, 78,6 % des moins de 25 ans sont allés au moins une fois au cinéma, contre 67,1 % des 25-49 ans.
- Le taux de fréquentation des moins de 25 ans reste le plus élevé parmi les tranches d’âge citées, malgré un recul par rapport à 2024.
- Le Pacte décrit le rôle prescripteur des influenceurs comme un « tremplin indéniable ».
- Backrooms et Obsession ont respectivement enregistré 1,4 million et 1,7 million d’entrées en France au cours de l’année citée.
Leur taux de fréquentation a toutefois baissé par rapport à 2024, où il atteignait 80,8 %. La donnée invite à éviter une lecture trop simple : la présence des jeunes dans les salles reste forte, sans que les plateformes sociales suffisent à expliquer à elles seules leurs sorties. Elles constituent plutôt un espace où une recommandation, une critique ou une communauté peuvent rendre un film plus visible.
Des communautés numériques qui amplifient la visibilité des films
La recommandation ne passe plus uniquement par la bande-annonce, l’affichage ou la critique traditionnelle. Des créateurs suivis par des publics déjà constitués peuvent faire circuler leurs avis et installer un sujet de discussion autour d’une sortie. Regelegorila compte ainsi plus de 871 000 abonnés sur TikTok et 375 000 sur YouTube. Son exemple illustre le poids potentiel d’une parole éditoriale diffusée auprès d’une audience habituée à échanger sur les œuvres en ligne.

Pour les distributeurs, cette attention est un levier de visibilité, pas une garantie de résultat. Le Pacte qualifie ce rôle de « tremplin indéniable », selon Le Progrès. Le terme est révélateur : un tremplin peut accélérer la circulation d’un film auprès d’un public, mais il ne remplace ni son positionnement, ni l’offre en salles, ni l’intérêt suscité par l’œuvre elle-même.
Cette logique concerne également les créateurs qui organisent des moments collectifs autour des sorties. Inoxtag, crédité de plus de 26 millions d’abonnés au total, a notamment mis en place des avant-premières privées et des « watch parties ». Il a collaboré avec Pathé autour du diptyque La Bataille de Gaulle, qui cumule 5 millions de tickets. Ces dispositifs donnent une dimension sociale à la sortie, en reliant une communauté numérique à un rendez-vous physique.
Un passage de l’audience en ligne à la salle, sans causalité automatique
Le succès de certains films associés à des univers déjà populaires sur internet montre l’intérêt de cette continuité entre plateformes et cinéma. Backrooms a enregistré 1,4 million d’entrées en France et Obsession, 1,7 million au cours de l’année citée. Le premier a fait l’objet d’une collaboration avec Inoxtag, mais il serait abusif d’attribuer précisément son résultat à ce seul relais : le film s’inscrit aussi dans une production portée par un casting international et le studio A24.
Le cas de cinéastes venus de YouTube met en évidence une autre mécanique. Lorsqu’une communauté suit déjà un auteur ou un univers, le passage vers une sortie en salles peut devenir plus naturel. Cette dynamique s’ajoute à d’autres facteurs, notamment le genre du film et la programmation. Elle ne transforme pas pour autant chaque audience numérique en public de cinéma.

Pour les lecteurs qui suivent les évolutions des réseaux sociaux, le changement important est donc moins l’émergence d’un canal miracle que la multiplication des points de contact. Une critique courte, une vidéo, un échange entre abonnés ou un événement peuvent faire exister un film dans les conversations avant sa sortie. La recommandation devient plus fragmentée, plus communautaire et souvent plus immédiate.
La fréquentation générale progresse aussi grâce à l’offre de films
Le contexte global rappelle les limites d’une explication centrée sur l’influence. En juillet 2026, les cinémas français ont totalisé 17,53 millions d’entrées, soit 22,6 % de plus qu’en juillet 2025. Entre janvier et juillet, 107,98 millions de billets ont été vendus, en hausse de 20,5 % sur un an.
Cette progression intervient dans une période marquée par une programmation variée. La semaine du 17 au 23 juin a accueilli 3,12 millions de spectateurs, soit 50 % de plus qu’un an auparavant, alors que plusieurs films attendus sortaient simultanément. Les réseaux sociaux peuvent renforcer l’écho d’un titre auprès de certaines communautés, mais la fréquentation des salles dépend aussi de la diversité des œuvres proposées et de leur capacité à intéresser plusieurs publics.
Photo à la une. Source: Pexels. Attribution: Tima Miroshnichenko. Licence: Pexels License.
